Ce sujet a 8 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Anne Pondant, il y a 1 mois et 1 semaine.

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  • #1837

    Virginie Jamin
    Modérateur

    Découvrez le mémo de Ophélie Fettweis, Line Al Jammal, Estelle Clermont, Anne Pondant, Lisa Marée et Julie Mathy en cliquant ici.

  • #1843

    Hanzen

    De l’actualisation d’un cours : pourquoi quand et comment ?
    Cette question est très intéressante et rarement débattue en effet.
    Mes commentaires s’inscrivent dans le contexte d’un enseignement (sémiologie, propédeutique et pathologies de la reproduction bovine, santé mammaire, obstétrique et biotechnologies de la reproduction) de 35 heures en présentiel dispensé durant une vingtaine d’années à 250 étudiants de 2ème master en médecine vétérinaire. Dès le début j’ai eu à cœur de rédiger non seulement des objectifs généraux et spécifiques pour chacun des 30 chapitres composant le cours mais également des notes en format Word et en format Power Point.

    Cette actualisation peut s’envisager de manière rétrograde (en amont) ou au contraire par addition de contenus nouveaux (les connaissances progressent de manière exponentielle) ou encore de manière plus transversale en voulant ce faisant induire une attitude plus réflexive chez les étudiants.
    Au fil du temps, j’ai tenté de privilégier une réduction des contenus m’étant peut être inconsciemment approprié la nécessité d’une transposition didactique. Il me semble en effet que l’enseignement universitaire ne doit pas se caractériser par sa quantité mais par sa qualité à savoir mettre l’accent sur l’essentiel d’autant que le public ne se destine pas exclusivement à la pratique rurale : je suis donc progressivement passé du savoir enseigne au savoir à enseigner.
    Il est relativement difficile par ailleurs de procéder à une actualisation de tous les contenus. Elle a donc concerné certains chapitres, considérés comme plus essentiels que d’autres dans le contexte d’une pratique rurale par exemple.
    Il n’y a pas à proprement parler beaucoup d’obsolescence des savoirs. Ceux-ci me semblent au contraire faire l’objet de davantage de précisions et donc d’explications potentielles complémentaires ce qui en rend d’autant plus difficile leur synthèse par l’enseignant et par les étudiants. .Cette actualisation et donc la synthèse complémentaire qu’elle suppose (notion de transposition didactique) est proportionnelle à la « curiosité » intellectuelle et au plaisir d’apprendre et de faire apprendre de l’enseignant. Il me semble impératif que ce plaisir soit transmis aux étudiants puisque qu’ils devront s’engager une fois le diplôme acquis dans une formation continue.
    Cette synthèse actualisée de l’enseignant est d’autant plus importante qu’elle doit faire sens pour l’étudiant confronté à de multiples cours. Elle constitue un facteur clé de leur motivation. On peut donc comprendre que l’actualisation va davantage concerner les aspects du cours plus directement en relation avec le contexte de leur future pratique. J’aurais sans doute dû mais pas toujours pu recourir à une actualisation avec des collègues et des confrères (actualisation en différé). Le temps m’a fait défaut. J’y penserai dans une autre vie d’autant que je pense que l’enseignement (tout comme l’apprentissage) collaboratif est un facteur clé d’amélioration. J’aurais sans doute dû également utiliser de manière plus intensive les méthodes interactives pour « bénéficier » du retour des étudiants. Socrative a été mon principal recours en ce domaine tout comme les cartes conceptuelles (dans le cadre d’exercices d’analyses et d’interprétations de données en clinique). Tout récemment, je me plais à dire que je me suis lancé dans un cours d’introduction à la médecine rurale (2 heures aux étudiants de 1er bac) avec un collègue sous la forme de petits brainstorming avec les étudiants. Je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt.
    Une petite conclusion ?
    L’enjeu n’est pas de plus enseigné mais de mieux enseigné. La synthèse à faire par la transposition didactique) demande du temps. Elle constitue cependant (avec beaucoup d’autres) une manière pour l’enseignant de professionnaliser son activité. Se pose le problème récurrent de la valorisation dans un CV de cette démarche, confronté qu’il est à la domination académique de l’impact factor. Mais point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni etc, etc ….

    Bravo aux rédactrices du mémo

    • #1858

      Marée Lisa

      Bonjour,
      Nous vous remercions grandement de nous avoir fait part de votre propre expérience. Il est très enrichissant pour nous de pouvoir prendre conscience de votre cheminement personnel vers l’actualisation du contenu de votre cours.

      Nous sommes ravies de l’intérêt que notre mémo a pu susciter chez vous et qu’il ait pu vous donner matière à réfléchir en ce qui concerne votre pratique enseignante.

      Ophélie Fettweis,
      Line Al Jammal,
      Estelle Clermont,
      Anne Pondant,
      Lisa Marée
      Julie Mathy

  • #1845

    Zerrouki

    Bonjour et merci pour ce mémo, qui aborde la réflexivité de l’enseignant.e à l’égard de son contenu de cours au travers des interactions qu’il/elle peut avoir avec ses collègues enseignant.e.s et de ses étudiant.es (que les savoirs savants soient immuables ou non). Outre cet aspect, je trouve intéressant que la question des contenus de cours vous permette d’aborder la notion de plaisir à enseigner et d’apprendre (motivation).

    Votre travail a l’intérêt de déclencher chez le lecteur bien d’autres questionnements : l’articulation entre contenus et méthodes, activités d’apprentissage (et d’évaluation), le défi que constitue l’articulation entre les contenus de cours dans une logique de programme, le rôle de l’évaluation des enseignements par les étudiants comme moyen (ou non) d’ajuster les contenus, etc.

    Bravo donc !

    • #1865

      Mathy Julie

      Merci pour l’intérêt que vous portez à notre mémo. Le but de celui-ci étant de susciter des questionnements, nous sommes ravies d’avoir obtenu les réactions escomptées.

      Espérant éclairer un de vos questionnements, nous vous proposons deux ressources traitant de l’EEE. D’abord, voici un lien vers un site internet de l’université de Rennes (Suptice) abordant brièvement les moteurs de l’évaluation autour de la thématique suivante « Evaluer son enseignement, un levier pour améliorer sa pratique » : https://suptice.univ-rennes1.fr/temoignages/evaluer-son-enseignement-un-levier-pour-ameliorer-sa-pratique?fbclid=IwAR3vmcg7z-fxtOBQNGT0JwU7aA_Q440j876-d2vXfHIu7Em5M1MHjBAk7z4

      Ensuite, cet article scientifique de Berthiaume, D., Lanarès, J., Jacqmot, C., Winer, L., & Rochat J.-M. « L’évaluation des enseignements par les étudiants (EEE). Une stratégie de soutien au développement pédagogique des enseignants ? » Disponible en ligne sur le lien suivant : https://journals.openedition.org/rechercheformation/1387

      Estelle Clermont
      Ophélie Fettweis
      Line Al Jammal
      Lisa Marée
      Julie Mathy
      Anne Pondant

  • #1864

    Geneviève H

    Bonjour,
    Merci pour ce mémo suite tte bien dans les préoccupations actuelles de nos enseignants et responsables de formation.
    Pouvez-vous m’éclairer sur cette phrase page 5?
    « Nous soulignons qu’actualiser est une tâche rendue complexe par divers facteurs, notamment l’hétérogénéité du public, les enjeux sociétaux et du monde du travail et le décret paysage qui individualise les parcours. »
    En quoi l’individualisa des parcours rend-t-elle l’actualisation complexe ?

    Geneviève

    • #1866

      Estelle Clermont

      Merci pour cette question pertinente. L’individualisation des parcours telle qu’elle est prônée dans le décret paysage laisse la liberté aux étudiants de choisir ou non certains cours optionnels. De ce fait, un professeur dispensant plusieurs cours de ce type, pourrait difficilement actualiser le contenu de son cours en effectuant des liens entre les concepts vus au sein de chacun d’entre eux, ou encore en transférant des chapitres d’un contenu d’une unité d’enseignement à l’autre etc. En effet, il n’aurait pas la certitude que chacun des élèves assistent aux deux. Un professeur qui souhaiterait actualiser en collaborant avec un autre, se retrouverait dans la même situation problématique.

      Line Al Jammal
      Ophélie Fettweis
      Julie Mathy
      Anne Pondant
      Lisa Marée
      Estelle Clermont

  • #1874

    Nadine Jacqmin

    Bonjour,

    Cette question de l’actualisation des contenus de cours est très intéressante. Je suis enseignante belge en soins infirmiers au premier et deuxième cycle. Je mène actuellement une recherche doctorale portant sur la pratique Evidence-Based Teaching [EBT] (c’est-à-dire la pratique pédagogique informée par des résultats de recherche (nommés résultats probants), et ce dans le cadre d’un doctorat en sciences infirmières à l’Université Laval (Québec- Canada) (doctorat qui n’existe pas en Belgique francophone).
    La pratique EBT correspond à l’utilisation des recherches qui sont actualisées au contexte de l’enseignement (selon les étudiants, l’enseignant et les ressources disponibles au sein de l’institution de formation). Elle peut porter aussi bien sur les méthodes pédagogiques que sur les contenus de cours.
    Le sujet qui vous préoccupe est donc une composante de la pratique EBT mais pas la seule.
    Dans le cadre de ma recherche, je réalise une étude de cas multiples imbriquée avec une méthode mixte. J’ai interrogé plusieurs types de participants dans 4 Hautes Ecoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (enseignants grâce à une entrevue, étudiants avec une échelle de mesure, autorités hiérarchiques de la Haute Ecole grâce à une entrevue, analyse de documents) mais également des représentants d’instances politiques ou associatives. J’espère, avec ce panel, avoir la vision la plus réaliste possible de la pratique EBT en Belgique francophone.
    Je suis actuellement dans l’analyse de mes données; je ne peux donc encore vous donner plus d’informations sur la situation de cette pratique dans les formations infirmières de Belgique francophone.

    Pour vos lectures, vous pourriez éventuellement lire sur la pratique EBT. Il n’existe, à ma connaissance, pas de littérature en français (ce concept est d’ailleurs très nouveau en Belgique). En anglais, il existe quelques livres et quelques articles de recherche appliquée.
    Je reste à votre disposition pour de plus amples informations, le cas échéant.
    Belles découvertes via vos lectures,
    Nadine

  • #1882

    Anne Pondant

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre intervention qui, non seulement, nous permet de nous sentir gratifiées par rapport à notre travail mais qui, en plus, nous apporte des pistes de réflexion et de lectures que nous ne connaissions pas. Le sujet de votre recherche doctorale paraît être des plus intéressants et si, à notre tour, nous pouvons vous aider de quelque façon que ce soit, n’hésitez pas à prendre contact avec nous. Il est vrai qu’en Belgique, nous ne disposons pas d’énormément d’informations ni de recherches sur le sujet. Ce qui rend la tâche plus complexe d’un côté mais plus motivante d’un autre côté. Nous vous souhaitons plein succès dans votre travail. (Anne pour le groupe)

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