Accueil Forums 2. La classe inversée, une panacée ? Lecture intéressante accompagnée d'une question

Ce sujet a 4 réponses, 1 participant et a été mis à jour par  Justine Bodart, il y a 1 mois et 1 semaine.

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  • #1846

    Zerrouki

    Merci à vous six pour ce mémo, qui pose bien – je crois – les bénéfices et les points de vigilance du dispositif.

    J’aurais une question cependant : avez-vous pu observer ou recueillir des témoignages d’enseignants concernant les effets de la classe inversée sur l’apprentissage des étudiants qui ont vécu ce dispositif ?

    En effet, j’avais lu dans un article d’un enseignant français (Luc Chevalier de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée) – qui a expérimenté la classe inversée avec plusieurs de ses collègues – que ce dispositif pouvait “accentuer les écarts entre les meilleurs [étudiants] et les moins performants”: https://mpu.usj.edu.lb/ressources/methodes_denseignement/Article_PedagInnov_Technologie_n194_p26_37.pdf

    Je ne sais pas si cet élément a pu être vérifié dans l’analyse réalisée par Laetitia Gérard à partir de l’expérimentation de cet enseignant ?

    Par ailleurs, Jean-Charles Caillez va encore plus loin en “renversant” la classe 🙂 : http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2018/04/17/la-meilleure-facon-dapprendre-cest-denseigner-et-pourquoi-pas-en-classe-renversee/

    Bonne après-midi !

  • #1848

    Philippe

    Bonjour,

    Merci pour l’intérêt que vous portez à notre mémo.
    Pour ce qui concerne votre question, Philippe CAMUS a évoqué brièvement le sujet de la plus value de la classe inversée, dans l’interview que nous avons réalisé.

    “(…) Ce que j’espère, c’est une compréhension plus approfondie de la matière. La possibilité d’aller à fond (du sujet et des problèmes) en posant des questions aux autres et pas uniquement à l’enseignant… c’est quand même un problème qui est très récurrent : on a beau dire « n’hésitez pas à m’interrompre », les élèves le font rarement ! Là, il y a un approfondissement de la matière et surtout le fait qu’on étudie en même temps que le cours se passe et pas après ! Donc je pense que là, ça permet un apprentissage qui va laisser beaucoup moins d’étudiants sur le bas-côté. Dans ce sens-là, je trouve cela très positif. Vraiment impliqué, l’élève devient acteur de son apprentissage, pas le spectateur. Je crois que c’est important.”

    Monsieur Camus nous a présenté une approche très positive de la classe inversée qu’il pratique un cinquième du temps en moyenne. Il nous a également confié qu’il faisait appel à ce type de pédagogie depuis plusieurs années, bien avant même qu’on la baptise de la sorte. Deux mots ressortent lorsqu’il évoque les plus-values des étudiants : implication et motivation.

    Nous espérons avoir répondu à votre question et restons à votre disposition.
    Bonne journée

  • #1853

    Demily Fabian

    Article bien résumé avec ses avantages et ses inconvénients. Au niveau de la forme, il est parfois difficile de lire le document ; les encarts (et les colonnes) bousculent la mise en page principale du texte et il est parfois difficile de lire le texte de manière fluide.

    Concernant la pédagogie inversée, il me semble important d’expliquer que ce type de pédagogie demande beaucoup de temps au niveau de la conception/médiation des savoirs. La réalisation de capsules vidéos pédagogiques demandent des compétences techniques, médiatiques (les plans, l’intention,…) et pédagogiques/didactiques. J’accompagne actuellement des collègues dans ce processus et c’est très chronophage (un peu comme l’EAD ) au niveau de la conception.

    Enfin, je m’inquiète de voir le transfert de ce type de pédagogie dans des niveaux d’enseignement de type primaire ! On demande à des enfants de 8 ans d’apprendre des concepts mathématiques à la maison (en regardant des vidéos)…. Je pense que les enfants ne sont pas encore mûrs (autonomie, prerequis disciplinaires,…) pour entrer dans ce système. Sans compter, qu’il y a un décret qui limite le temps des travaux à domicile… et parfois je vois des transferts de la pédagogie inversée vers le primaire, secondaire…

    Bref, je sais que votre article concerne l’enseignement supérieur mais une petite mise en garde me semblerait intéressante car la pédagogie inversée n’est pas toujours adaptée pour les plus jeunes.

  • #1857

    Philippe

    Bonjour Monsieur,

    Nous vous remercions pour vos remarques fort intéressantes.
    Effectivement, vous avez entièrement raison: la mise en place d’un tel dispositif requiert une charge de travail fastidieuse. L’un de nos témoins évoquait un temps de préparation de l’ordre de trois à quatre fois supérieur pour concevoir le “scénario” de sa classe inversée par rapport à un cours classique, dit “magistral”. Il ne la pratique d’ailleurs qu’un cinquième du temps étant donné ce paramètre.

    Bien évidemment, nous n’avons pas évoqué l’enseignement fondamental puisque le cours s’articule autour du supérieur. Mais votre allusion au décret concernant le temps imparti pour les devoirs est une réflexion très pertinente. Il faudra voir, dans le futur, s’il n’y a pas en effet un réel paradoxe quant à cela.

    Bonne journée,

  • #1867

    Justine Bodart

    Monsieur Zerrouki,

    Nous revenons vers vous car nous avons trouvé d’autres informations susceptibles de vous intéresser.

    Laetitia Gerard, Docteur en Sciences de l’Education, a publié récemment un rapport dans lequel elle relève les points positifs et négatifs des enseignants qui ont testé la classe inversée. Tout d’abord, en se basant sur leurs témoignages, elle aurait remarqué une diminution des problèmes que rencontraient les enseignants au sein de leurs classes.

    En effet, les comportements des étudiants se seraient améliorés, ils seraient passés d’un comportement assez passif à actif suite aux différentes compétences que sollicitait la pédagogie inversée. Le lien entre l’enseignant et ses élèves auraient également changé, un nouveau rôle et statut où l’enseignant connaitrait mieux les difficultés, les besoins de ses étudiants. Comme déjà mentionné dans notre mémo collectif, la classe inversée permettrait d’acquérir et d’approfondir certaines connaissances sur du long terme. Laetitia Gerard souligne aussi l’effet des feedback qui serait apparemment très bénéfique dans l’évolution des étudiants.
    Cependant, elle soulève également des effets négatifs de la classe inversée. D’après les enseignants, cette méthode peut engendrer avec le temps un manque d’envie chez certains étudiants. En effet, ceux-ci ne consulteraient pas forcément les ressources au domicile mais auraient plus tendance à interagir en classe. Il est même probable qu’ils ne s’intéressent plus au cours et perturbe donc celui-ci.

    Concernant l’écart entre les meilleures et les moins bonnes performances, il ne l’est pas écrit tel quel dans le travail de Laetitia Gerard. En revanche, elle explique, toujours grâce aux témoignages des enseignants, que si la tâche est trop complexe, les étudiants, éprouvant peut-être déjà des difficultés, risquent de ressentir un sentiment d’incompétence et donc les pousser davantage à baisser les bras engendrant un manque de motivation ou encore un abandon.

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