Accueil Forums 3. L’apprentissage par problèmes : Quels apports pour ma pratique dans l’enseignement supérieur ? L’apprentissage par problèmes : Quels apport pour ma pratique dans l’enseignement supérieur ?

Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  Nathalie d’Otreppe, il y a 1 jour et 1 heure.

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  • #1498 Répondre

    Catherine Lesire
    Modérateur

    Découvrez le mémo de Paola Chantraine et de Nathalie d’Otreppe en cliquant ici.

  • #1503 Répondre

    François GEORGES

    Bonjour à l’équipe qui a pris en charge ce mémo.

    Avant tout je tiens à vous remercier pour ce travail qui a le mérite de faire émerger quantité de questions. Je me permettrais, si vous le voulez bien, de vous en partager plusieurs. Les unes portent sur l’apprentissage et les autres sur la méthodologie de l’APP en tant que telle.

    Dans votre introduction, vous évoquez à juste titre la nécessité de ne pas limiter l’apprentissage à la transmission de contenus, mais aussi de se préoccuper de l’autonomie des apprenants. Pensez-vous que l’autonomie « se transmet » (c’est votre terme) comme on transmet des connaissances ? Pensez-vous vraiment que l’on puisse « rapidement » apprendre à devenir autonome dans le domaine de l’apprentissage ? Comment l’APP peut-elle participer au développement de cette autonomie ?

    Vous illustrez les 7 étapes de l’APP (ce nombre d’étapes n’est pas figé et varie d’une école à l’autre) sur base d’une expérience menée en géographie. Cet exemple me perturbe. Je n’y vois pas vraiment un problème ni l’intérêt de l’APP pour préparer une leçon. Comment définiriez-vous le mot « problème » et quels sont les avantages de l’APP pour concevoir une leçon ?

    À juste titre, vous évoquez dans les avantages, le fait que l’APP fait appel à plusieurs stratégies d’apprentissage. Pourriez-vous illustrer vos propos ? Concrètement en quoi l’APP permet-elle de s’autoréguler ? Pourquoi est-elle motivante ? Comment et à quel moment favorise-t-elle la réflexivité ?

    Si vous pouviez m’éclairer sur l’un ou l’autre question, cela me serait utile.
    Belle fin de semaine,

    François

  • #1505 Répondre

    Nathalie d’Otreppe

    Bonjour Monsieur Georges,

    Un grand merci pour votre retour sur notre mémo. Nous avons pris le temps de réfléchir à vos différentes questions et nous espérons sincèrement que ces réponses vous apporteront quelques éclaircissements.

    Pensez-vous que l’autonomie « se transmet » comme on transmet des connaissances ?
    Dans ce cas précis, le mot “transmettre” est utilisé dans le sens “enseigner” avec toute la complexité découlant de ce verbe. En tant qu’enseignant, on peut proposer des outils et placer les étudiants dans des situations où ils vont exercer leur autonomie et ainsi la développer. Nous comprenons l’ambiguïté qu’a pu susciter chez vous ce choix de vocabulaire.

    Pensez-vous vraiment que l’on puisse « rapidement » apprendre à devenir autonome dans le domaine de l’apprentissage ?
    Le “rapide” portait sur l’apprentissage et non sur l’autonomie. Quoiqu’il en soit, nous ne sous-entendons pas que l’apprentissage ou l’autonomie se font rapidement mais plutôt que le souhait de l’enseignant est de favoriser l’autonomie le plus rapidement possible. D’autre part, chaque étudiant avance à sa vitesse, certains seront plus rapides que d’autres, donc cet impératif est de l’ordre de la préoccupation du professeur plutôt que de celle de l’étudiant.

    Comment l’APP peut-elle participer au développement de cette autonomie ?
    Dans le cadre de l’APP, l’étudiant doit travailler partiellement en autonomie, ainsi, plus l’APP sera mis en place, plus il développera ses capacités d’autonomie. D’autre part, en travaillant régulièrement en APP, l’étudiant développera une certaine routine et confiance dans la démarche, ce qui soutiendra également l’autonomie.

    Comment définiriez-vous le mot « problème » et quels sont les avantages de l’APP pour concevoir une leçon ?
    Pour nous, la définition de “problème” dans le cadre de l’APP est celle trouvée dans le dictionnaire Larousse : “Un questionnement ou une interrogation sans réponse, une situation délicate sans solution qui amène à une recherche pour trouver des pistes de résolution”.
    Comme avancé dans notre mémo, le problème doit être le plus proche possible de la réalité de l’étudiant, voir être une situation réelle, pour que l’APP soit porteuse de sens. Des étudiants, futurs instituteurs primaire, se retrouvent constamment face à des objectifs à faire atteindre par leurs élèves. Leur problème face à une préparation de leçon sera donc de l’ordre de “Comment faire pour que ma leçon soit porteuse de sens et que chaque élève intègre la compétence visée ?” Ainsi, une leçon de géographie, de mathématiques ou encore de français devra être abordée de façon différente pour atteindre l’objectif.

    À juste titre, vous évoquez dans les avantages, le fait que l’APP fait appel à plusieurs stratégies d’apprentissage. Pourriez-vous illustrer vos propos ?
    En se basant sur le travail de Larue et Hrimech (2009) (1), qui ont étudié les stratégies développées par les étudiants en soins infirmiers lors d’un apprentissage par problèmes, nous pouvons mettre en avant les stratégies suivantes ;
    Lors du travail en groupe, on retrouve premièrement des stratégies de mémorisation (par l’écrit avec la prise de notes et la mise en avant de mots-clés ou par l’oral avec la mise en avant de connaissances ou d’idées et l’écoute des membres du groupe) et deuxièmement, des stratégies d’élaboration (Grâce à un retour vers ses connaissances antérieures, les questions à se poser et la formulation d’hypothèses).
    Lors du travail individuel, l’étudiant va pouvoir mettre en place quatre types de stratégies d’apprentissage. Des stratégies de mémorisation (résumés écrits, notes, mots-clés), d’élaboration, d’organisation (graphiques, catégorisation, tri des informations) et finalement, des stratégies de généralisation et de discrimination (mise en application des informations pour résoudre le problème).
    Il s’agit ici d’une liste non-exhaustive, les stratégies pouvant varier, entre autres, selon les étudiants et les formations suivies par ceux-ci.

    (1) Caroline Larue et Mohamed Hrimech, « Analyse des stratégies d’apprentissage dans une méthode d’apprentissage par problèmes : le cas d’étudiantes en soins infirmiers », Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur [En ligne], 25-2 | 2009, mis en ligne le 14 septembre 2009, consulté le 10 décembre 2017. URL : http://journals.openedition.org/ripes/221

    Concrètement en quoi l’APP permet-elle de s’autoréguler ?
    Une utilisation régulière de l’APP va permettre de développer une autorégulation cognitive expliquée par Nader-Grosbois (2007) en trois aptitudes principales : “ Se former une représentation mentale claire du but d’apprentissage; établir un plan d’action ; gérer son propre comportement, détecter ses erreurs et déterminer ses progrès vers le but.” (2)
    Ainsi, l’étudiant développera des capacités d’autorégulation car dans le cadre des l’APP, il devra se représenter le problème, le comprendre, pour mettre en oeuvre des pistes de résolution et ajuster sa pratique si celle-ci ne permet pas d’apporter une réponse appropriée au problème, la résolution de celui-ci étant le but à atteindre.

    (2) Nader-Grosbois, N. (2007). Régulation, autorégulation, dysrégulation: Pistes pour l’intervention et la recherche. Editions Mardaga.

    Pourquoi est-elle motivante ?
    La motivation, selon le dictionnaire Larousse, est définie comme suit : ““Raisons, intérêts, éléments qui poussent quelqu’un dans son action.” Dans le cas de l’APP, on vise à susciter un besoin d’apprendre de la part des étudiants en les confrontant à un problème complexe, mais réel ou proche de la réalité pour que l’étudiant puisse y trouver un intérêt. Un problème bien pensé fera émerger des pistes de résolution possibles dans les esprits des étudiants qui devront creuser celles-ci pour vérifier leur efficacité. Dans le cas de la leçon de géographie, la motivation de l’étudiant sera suscitée car il pourra réinvestir les connaissances acquises lors de la résolution du problème et que celle-ci vient d’un questionnement de sa part.

    Comment et à quel moment favorise-t-elle la réflexivité ?
    La pensée réflexive sera développée premièrement lors du début de l’APP, lorsque le groupe se retrouve face au problème et propose les premières pistes de réflexion, par un brainstorming par exemple. L’étudiant doit exprimer sa pensée face à ses pairs dans le but de faire avancer la résolution, celle-ci doit donc être posée et réfléchie car le groupe va ensuite s’appuyer sur cette pensée réflexive pour effectuer la recherche dans la littérature. Lors de la phase de synthétisation et de retour critique, l’étudiant devra à nouveau prendre une posture de pensée réflexive pour remettre objectivement en question la résolution et ce en prenant du recul face au résultat commun.

    Nous vous souhaitons une très belle semaine,

    Nathalie d’Otreppe et Paola Chantraine

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